Cerbère, après ma mort

Le livre Cerbère, Après ma mort

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Mayrel, accompagnée du Gardien et de Lauwerryn, quitta le salon où se trouvaient encore rassemblé tous les convives pour se diriger vers une autre pièce.

Ils traversèrent le couloir et s’engagèrent dans un embranchement sur leur droite pour se rendre dans une autre aile du château.

Mayrel ouvrit la porte d’une pièce richement meublée et les fit entrer.

Elle referma derrière eux sans leur avoir adresser la moindre parole.

Elle fit signe à son professeur de s’asseoir dans un des fauteuils confortables de la pièce alors qu’elle-même en faisait le tour comme pour s’assurer que personne ne les écoutait.

Bien qu’étonné par le comportement de la princesse, Farhad s’installa et observa la décoration. Sur les murs il y avait d’épaisses tapisseries représentant d’anciennes batailles ou des scènes de chasse. Le sol était recouvert de tapis aux couleurs assorties à celles de murs.

Ils se déclinaient dans des tons de rouges et d’orange avec des arabesques de jaune et d’or.

Le mobilier bien que confortable se composait d’une table assez grande avec quatre fauteuils, deux secrétaires occupaient le fond de la pièce. Ils étaient encadrés par deux fenêtres immenses qui donnaient sur la cour intérieure du château.

De chaque côté au fond, il y avait deux petites portes en bois qui devaient donner accès à deux autres pièces similaires d’après les estimations du gardien.

Il avait déjà entendu parler de ses salons privés sans y avoir jamais mis les pieds auparavant.

Il soupira car il n’aurait jamais imaginé devoir se tenir dans ce qu’on appelait un salon de guerre.

Lauwerryn n’avait pas bougé.

Elle attendait à la porte que Mayrel en finisse avec son inspection.

Quand la princesse revint après avoir vérifié que les deux pièces attenantes de chaque côté du salon étaient entièrement vides, elle fit signe à son écuyère de se placer entre les deux fenêtres. Puis Mayrel vint s’asseoir en face du gardien.


« Je ne vais avoir que quelques minutes pour vous expliquer ce qui s’est passé alors que vous cherchiez Samuel. » Commença d’énoncer la princesse d’une voix tendue. « J’ignorais quelles étaient les intentions de mon père vis-à-vis de Samuel jusqu'à ce que sous la forme d’un spectre celui-ci ne m’apparaisse… »


« Samuel ? » L’interrompit Farhad avec un hoquet de surprise.


Mayrel hocha affirmativement la tête avant de reprendre sans plus se préoccuper de l’interruption du gardien.


« Pendant un long moment j’ai cru qu’il était mort et que son fantôme revenait me hanter. » Continua-t-elle avec une moue triste sur le visage. « Il m’a raconté ce que mon père lui avait fait en utilisant la magie de l’eau… »


« Ah ! » S’exclama le gardien lui coupant la parole à nouveau. « C’est comme ça qu’il a réussi à lever le sceau sur Justice ! »


« Oui. » Reprit Mayrel sans lui laisser le temps de réfléchir plus elle reprit là où elle s’était arrêtée. « C’est Lauwerryn qui a mené Samuel à sa perte, elle en avait reçu l’ordre. Mon père espérait certainement que je ne découvrirais pas cette trahison de la part de mon écuyère. »


Farhad leva les yeux vers la jeune envoûteuse.

Impassible, Lauwerryn ne semblait pas troublée par les paroles de la princesse.

Il serra les poings.

Magnifique avait tenté de le prévenir, il n’avait pas estimé le danger à sa juste valeur.

Il n’avait pas admit qu’un écuyer puisse être loyal envers une autre personne que son gardien.

Il avait certainement une part de responsabilité dans cette tragédie.


« Vous mettez pas martel en tête ! » Lui assura Mayrel avec un sourire las. « On est tous passé à côté de ce problème et cela a bien failli nous coûter cher ! »


Il fixa la princesse, étonné qu’elle puisse aussi facilement suivre le cours de ses pensées.

Devant son air ahuri, Mayrel sembla se détendre et reprit la parole.


« Soyez pas surpris. » Lui conseilla-t-elle d’une voix douce et ferme. « Je n’ai pas encore révéler la moitié des évènements que vous devez comprendre pour pouvoir m’aider contre mon père. »


« Contre sa majesté ?... » Balbutia Farhad.


« Cessez de m’interrompre aussi souvent, s’il vous plaît ou nous n’y arriverons jamais ! » soupira la princesse en levant les yeux au ciel.


Farhad acquiesça et lui fit signe de reprendre son récit.


« Mon père voulait libérer Justice car la Frontière devient de plus en plus perméable et que l’Ordre ne prend aucune mesure pour protéger et avertir les peuples. Si ses motivations sont louables et peuvent être justifiées, il n’en reste pas moins que son procédé reste inacceptable. Je lui avais certifié que Samuel était le feu d’un dragon, il connaissait donc le risque qui planerait sur nous si Samuel venait à disparaître. » Expliqua la princesse en le regardant droit dans les yeux.


Farhad savait bien à quoi Mayrel faisait allusion.

Ils avaient été à deux doigts d’en avoir une démonstration quand Leriel était entré dans la salle à manger.

Il n’ignorait pas que la colère de Leriel n’était pas feinte.

Vu l’état de Samuel, il se demandait comment le dragon avait réussit à se contrôler.


« Parce qu’il savait que Samuel ne craignait rien, enfin…Plus exactement que Samuel avait accès à une nouvelle forme. Le but de mon père était de libérer Justice mais ce n’était pas celui des loups… »


« Les loups voulaient que Samuel devienne un guide ! » S’exclama Farhad.


Dans son esprit les brides d’informations qu’il avait, se rassemblaient et commençaient à s’imbriquer pour lui donner une vision plus complète des événements.


« Tout à fait » Confirma Mayrel. « Et c’est sous cette forme qu’il m’est apparu, guidé par l’esprit de ma mère. »


La princesse le regarda droit dans les yeux en prononçant cette phrase.

Le gardien fronça les yeux ne lâchant pas le regard ambré de la jeune fille.

Comme tout le monde, il savait que la reine du royaume du centre était décédée dans la dernière bataille contre les forces du Chaos !

Comment aurait-elle bien pu se trouver là pour guider Samuel ?

Il ne comprenait pas à moins qu’il s’agisse de magie puissante.

Il ne pouvait s’agir que de magie mentale !

Il se redressa d’un bond renversant le fauteuil sur lequel il était assis.

Il recula d’un pas bousculant la chaise qui manqua de le faire tomber.

Il se retint à la table et croisa à nouveau le regard de Mayrel.

Son mouvement de retrait semblait avoir blessée la jeune fille.

En une fraction de seconde il comprit son erreur.

L’Ordre les avait tous conditionné pendant des années pour les convaincre que la magie mentale était trop dangereuse. C’était l’origine du conflit avec les Loups qui refusaient de sceller ceux qui possédaient le pouvoir des Guides car c’était la seule magie dont disposaient les clans. Tous les enfants humains nés avec ce pouvoir avaient été scellés. Si la magie de l’eau avait suffit pour briser le sceau de Justice, le passage de Mayrel dans la cascade en résonance avec la force magique de la princesse avait du lever l’entrave sur la magie mentale de la jeune fille.

Mayrel devant sa réaction s’était sentie repoussée.

Il n’avait aucune excuse.

Encore une nouvelle faute dans sa conduite en tant que professeur.

Décidément il trouvait que pour ses apprenties-là, il commençait à accumuler les erreurs.

Apparemment les méthodes habituelles d’enseignement ne serviraient à rien avec Leriel et Mayrel et leurs écuyers respectifs.

Une phrase que répétaient tous les soirs Magnifique lui revint en mémoire.

Comme une prière, la Hyelsharra ne manquait jamais de la citer avant de s’endormir.

Au début de leur équipe, il ne comprenait pas le langage des être issue de la magie.

Curieux, il lui avait demandé un jour ce que voulait dire cette litanie.

Magnifique lui avait répété les phrases puis les lui avait traduites :


« En Linerir na Gaohor haeri kaer Jidai. Em jidai kaero kartz Gahoro! »

« Si le temps du changement doit être le nôtre. Que nous soyons prêt à changer ! »


Il n’avait pas bien compris ce qu’impliquait pour son écuyère le sens profond de cette phrase.

Et maintenant face à Mayrel, il commençait à entrevoir un sens profond à cette prière.

Il s’offrait à lui un choix qui déterminerait beaucoup de chose.

Il pouvait choisir de rester sur ses positions et ses acquis, continuer sa route comme il avait appris, ou alors changer et commencer à prendre des risques pour comprendre et aider au mieux ceux qu’on lui avait confiés.

Il respira à fond et s’approcha de la princesse.


« Des erreurs comme celle-la je risque d’en faire encore beaucoup… » Avoua-t-il en regardant Mayrel dans les yeux. « Mais tant que tu auras la force de me dire que c’est une erreur, je te promet d’avoir la force de le reconnaître et de changer. »


Il tendit la main à la princesse pour sceller sa promesse.

Mayrel s’en saisit et la serra fortement, visiblement émue jusqu’au bord des larmes.

En dehors de Leriel et Samuel, il était le premier à faire un pas vers elle.

Mayrel inspira puis lui sourit timidement.


« Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que mon père n’arrive. » Renifla Mayrel en s’essuyant les yeux dans le mouchoir que lui tendait le gardien.


Farhad en réponse lui sourit et releva son fauteuil pour s’asseoir dessus.


« Comme vous l’avez deviné, c’est bien après mon passage dans la cascade lors de la cérémonie de l’héritière que le scellé sur ma magie mentale a été levé. Samuel et la présence de ma mère m’ont ouvert les yeux sur de nombreuses choses. Au final j’ai vraiment eu l’impression d’avoir été toujours manipulée et trahie. »


Mayrel marqua une pose.

Le gardien remarqua que Lauwerryn avait baissé la tête et qu’elle serrait les poings.

La jeune envoûteuse devait avoir réalisé qu’elle s’était fourvoyée et que le prix de ses erreurs serait plus élevé que ce qu’elle avait imaginé.


« Cela m’a mise hors de moi. » Avoua Mayrel d’une voix blanche. « En apparence, tout avait été pour le mieux dans mes souvenirs d’enfance. Mon père était un bon roi, un excellent père. Lauwerryn était toujours à mes côtés, mon amie la plus proche et la plus sincère. La mère envoûteuse une présence féminine qui me soutenait…Et d’un coup d’un seul tout devenait trahison ! »


La princesse tapa du poing sur la table les faisant sursauter.


« Mon père s’était toujours servie de moi. Il ne m’a pas laissée partir pour contrer le conseil qui voulait me marier de force, mais parce qu’il espérait que Samuel se trouverait à Bajang ! Les loups le tenaient au courant ! Ils savaient que le porteur de Justice s’était mis en route ! C’est pourquoi mon père a ordonnée à Lauwerryn de ramener Leriel et Samuel par tous les moyens ! »


« Mais… » Objecta Farhad. « Si vous vous êtes retrouvés tout les quatre dans la même équipe s’est uniquement parce que c’est Magnifique et moi qui vous avons conduit à Bajang ! »


« Et alors !? Vous croyez vraiment que c’est par hasard que vous êtes tombés sur nous ! » Répondit Mayrel d’une voix sifflante où perçait de plus en plus sa colère.


Les tatouages sur sa peau commençaient à luire au travers du voile qu’elle portait par-dessus sa robe.


« Un guide loup avait ‘vu’ que vous seriez ceux qui ramènerait le porteur de Justice à Bajang. Ils se sont juste arrangés pour que nos routes se croisent avant… »


« C’est incroyable…. » Murmura le gardien.


« Lauwerryn, explique-toi à ce propos ! » Ordonna Mayrel en voyant l’air ahuri de son professeur.


« Sa majesté avait reçu des informations provenant des clans Loups, sur le réveil du porteur de Justice qui se mettrait bientôt en route pour Bajang. Le messager a précisé que le nom du gardien qui ferait route en sa compagnie était le vôtre. Sa majesté a utilisé le réseau d’information des envoûteuses pour se renseigner sur vous. Puis il a organisé le plan pour provoquer notre rencontre. Les loups se sont servis de sa majesté… » Tenta de continuer Lauwerryn mais Mayrel leva la main et commença lentement à resserrer le poing.


Lauwerryn s’effondra à genoux, en portant ses mains à sa gorge.

Elle essayait de se libérer d’une étreinte invisible qui lui enserrait la gorge et l’empêchait de respirer.


« Personne ne t’a demandé de justifier les actes de ton Roi » Lança la princesse d’une voix cassante et méprisante. « Je ne porte aucun jugement sur ses actes en tant que Roi. Sa majesté je le crois sincèrement à cru agir pour le mieux du royaume. C’est en tant que père que ma colère s’est tournée contre lui ! »


Elle relâcha la pression sur la gorge de son écuyère, laissant retomber sa main sur la table.

Lauwerryn toussa et eut du mal à reprendre sa respiration.

Farhad s’était bien gardé d’intervenir.

Il avait eut un soupir de soulagement quand la jeune fille avait avoué ne rien reprocher au Roi dans la manière dont il avait gouverné le royaume même si cela avait faillit leur porter préjudice. Mais à nouveau l’inquiétude était montée d’un cran quand elle avait dit être en colère contre son père.

Pour lui, il avait toujours été évident que le Roi était un bon père. Rien que par l’accueil qu’il avait réservé à sa fille lors de leur arrivée, avait de quoi démontrer l’amour qu’il ressentait pour sa fille et les espoirs qu’il avait placé en elle.


« En apparence… » Marmonna Mayrel. « Pour sauver les apparences et pour montrer un visage rassurant au peuple, il assumait cette comédie du père aimant… »


« C’est un mensonge ! » Ne put s’empêcher de s’écrier Lauwerryn en faisant un pas en avant les poings serrés.


Elle fût rapidement stoppée.

Mayrel avait de nouveau levé la main et d’un geste elle envoya l’envoûteuse cogner un des murs de la pièce.

Sonnée, Lauwerryn tenta de se redresser tant bien que mal alors que du sang coulait de sa tempe gauche qui avait heurtée le mur.

« Pauvre petite créature qui se débat aveuglement ! » Lança Mayrel d’un ton méprisant sans un regard pour son écuyère. « Tu ne sais même pas de quoi je parle. Personne ne peut plus me mentir ! »


Ce fût sur ces paroles que la porte du salon s’ouvrit sur le Roi et la mère envoûteuse.

Mayrel eut un rictus satisfait. Elle se leva et inclina respectueusement la tête pour saluer son père.

Farhad en fit autant se penchant plus en avant pour marquer son respect alors que Lauwerryn mettait un genou à terre.


« Mayrel, peux-tu m’expliquer ce que toute cette mise en scène veut dire ? » Questionna le Roi en s’approchant de la table où il s’assit alors que Luan Mazeryn se plaçait à son côté.


« Il était à prévoir, Père, que torturer le feu d’un dragon aurait des conséquences…. » Commença la princesse d’un ton badin.


« Mayrel, ne me prend pas pour plus bête que je ne suis ! » L’interrompit le Roi en tapant du poing sur la table.


Mayrel éclata de rire, faisant sursauter son père et Luan.

Farhad vint se placer à la droite de Mayrel.

Dans le bras de fer qui allait s’engager entre le père et la fille, il voulait que sa position soit clairement définie des le départ.

Aux vues de ce que lui avait révélé la princesse, il la soutiendrait.

Il savait qu’elle n’avait pas abordé le point principal de sa colère envers son père.

Mais il avait confiance.

Jamais Mayrel ne se serait mise dans un état pareil pour des broutilles.


« Il vous fallait une petite leçon. » Finit par lâcher Mayrel en fixant son père dans les yeux.


Le teint du Roi vira à l’écarlate.

Il allait répliquer, mais la princesse ne lui en laissa pas le temps.


« Comment se sent-on dans la peau de celui qui se fait manipuler ? » Demanda-t-elle. « Avez-vous aimé n’être qu’un jouet entre les mains de forces qui vous dépasse ? »


Le roi passa du cramoisi à la pâleur froide du marbre.


« Auriez-vous, ma chère, oublié de parler à mon père de ce qui se passerait lors de la cérémonie de l’héritière ? » Questionna Mayrel avec un sourire en tournant les yeux vers la mère envoûteuse.


Luan maîtrisa un hoquet de surprise sous l’intensité du regard  de la princesse.

Elle pâlit et détourna les yeux, tout en se mordant la lèvre inférieure.


« Père, en entrant ce matin dans la cascade j’ai levé les scellés sur ma magie mentale. » Annonça Mayrel.


« Mayrel… » Tenta de l’interrompre le Roi d’une voix faible mais en vain.


« De ce fait, j’ai ouvert les yeux sur de nombreux secret que vous ne pensiez pas avoir un jour à m’avouer je pense ! » Continua Mayrel en maintenant son regard dans celui de son père. « Maintenant j’ai pris une décision qui risque de vous mettre dans l’embarras : je reconnais Dynéryl et Treyvan comme bâtards du royaume. Ils sont mon frère et ma sœur et en ces qualités, ils méritent un peu plus de considération. »


« Tu ne peux pas faire ça…Mayrel… » Marmonna le Roi le visage décomposé.


« Je vais me gêner ! » Cracha Mayrel. « Tous ici vont découvrir que tu n’es pas l’homme parfait que tu prétendais être toutes ces années. »


« Mayrel, si vous massacrez la crédibilité de votre père maintenant, qui gouvernera le temps de votre formation ? » Intervint froidement Luan en s’interposant entre le roi et sa fille.


« C’est bien pourquoi nous avons cette discussion en privé. » Rétorqua Mayrel. « Je vous laisse l’opportunité de faire la déclaration vous-même en tournant les circonstances à votre avantage. Je suis certaine que vous disposez de mensonges tous prêts pour cette éventualité. »


« Une digne sortie de secours. » Dit le roi en se redressant un peu.


« Exactement père. » Reprit Mayrel en se déplaçant vers Lauwerryn. « Pour preuve de ma bonne volonté, je vous laisse mon écuyère et je prend Dynéryl à mon service pour lui enseigner tout ce que vous deux m’avez appris au fils des années. »


« Impossible ! » S’écria la mère envoûteuse en s’élançant vers la princesse. « Elle n’a pas fini sa formation ! Dynéryl ne peut pas quitter le château ! »


Mayrel leva la main vers Luan, celle-ci se tue, s’arrêtant net alors que Mayrel obligeait Lauwerryn à les rejoindre.


« Lauwerryn sera au service de mon frère. Treyvan occupera ma place au conseil en mon absence… »


« Folie ! » Intervint le roi. « Le gosse n’y entend rien à la politique ! »


« Peut-être lui faudra-t-il un tuteur ? » Suggéra Mayrel en haussant les épaules. « Hum, qui pourrait bien faire l’affaire ? »


« Si vous le permettez » Proposa Farhad avec un sourire ravi. « Il me semble que le seigneur Harold occupe déjà bien ce poste et qu’il lui sied parfaitement. »


Il n’y avait que le jeune noble pour tenir convenablement le rôle.

Il s’était tenu discret jusqu'à présent dans les affaires officielles du pays.

Même si dans les complots moins officiels sa position était un peu trouble, il avait toujours défendu les causes les plus méritantes.

Il n’était pas un proche de Mayrel même s’il appartenait à son cercle de prétendants.

Il servait l’Ordre avec une docilité qui Farhad le savait, pouvait laisser à désirer, quoi qu’en pense les gens de la cour actuellement.


« Qu’il en soit ainsi ! » Accorda Mayrel avec une moue dubitative.


« C’est de la folie ! » Explosèrent en même temps Luan et le roi.


Mayrel ferma les yeux en poussant un soupir d’exaspération qui les figea tous.

Elle bouscula Lauwerryn.


« Dit leur, sincèrement que tu servira mon frère comme si ta vie en dépendais… » Ordonna-t-elle.


« Je…Je… » Balbutia difficilement l’envoûteuse d’une voix enrouée et grave.


Au travers du corsage de sa robe, ils virent le saphir que lui avait confié Mayrel briller d’un éclat froid et métallique. Son visage se déforma et se contracta comme sous l’influence d’une forte douleur.


« Je servirais Treyvan de Kalgan à partir de maintenant et à jamais comme si ma vie en dépendait » Répondit dans un souffle Lauwerryn en portant sa main sur sa poitrine.


Elle ouvrit la bouche mais aucun son n’en sorti.

Etonnée elle tâtonna sa poitrine avec sa paume.

Elle trouva la pierre bleu aussi chaude qu’habituellement.

Son visage crispé par la terreur se détendit et des larmes coulèrent le long de ses joues.

Finalement elle n’avait ressenti que peu de douleur.


Mayrel se pencha vers elle et la prit dans ses bras.


« C’est uniquement parce que tu étais sincère que le sort ne t’a pas fait mal. » La consola la princesse. « Il viendra à nouveau le temps où tu marcheras à mes côtés. Aie confiance ! »


Lauwerryn sous ses paroles s’écroula à terre en sanglots.


« Cette petite démonstration vous suffit-elle ? » Demanda Mayrel à son père et à la mère envoûteuse. « J’utiliserai ma magie mentale pour vaincre tout opposition à ma volonté ! »


« Tu ne peux pas contraindre les gens de cette façon ! C’est immoral ! » S’écria le Roi. « Ta mère n’aurait jamais admi un tel comportement ! »


« Ma Mère ? » Reprit Mayrel d’une voix suave qui les fit frissonner. « Ma mère savait pourquoi tu l’avais épousé. Elle savait aussi que tu serais un bon roi et c’est pour cela qu’elle t’a accepté à ses côtés. Ma mère savait que tu désirais son écuyère, mais elle savait aussi que Suan Mayzerin lui resterait fidèle…. »


« Mayrel par pitié, tais-toi » Marmonna Luan plus livide que jamais en l’entendant prononcer le prénom de sa sœur.


« Non ! » Coupa net la princesse. « Il est grand temps d’avouer à cet homme qui se croyait le maître qu’il a toujours accompli la volonté de ma mère. Tout comme moi elle possédait le don de magie mentale. »


« Non ce n’est pas possible… » Balbutia le roi d’une voix tremblante.

« Luan t’expliquera bien mieux que moi les évènements qui ont eut lieu avant ma naissance. Je vous laisse jusqu’au bal de demain soir pour faire les déclarations nécessaire pour Dynéryl et Treyvan…Après j’aviserai moi même de ce qu’il convient. »


Mayrel se leva et se dirigea vers la porte, suivie de Farhad et Lauwerryn qui semblait avoir retrouvé un peu de son sang froid.


« Je vais maintenant m’entretenir avec eux. Nous avons beaucoup de chose à nous raconter entre frère et sœur. » Annonça Mayrel en ouvrant la porte.


Ils quittèrent la pièce, laissant le roi et la mère envoûteuse, déconcertés par les révélations que venaient de faire la princesse.


A suivre…

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Publié dans : Gardiens des âmes - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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