La version edité de Cerbère ne contient pas ce chapitre qui n'est qu'une ébauche, tout comme les suivant, d'une autre aventure de Shallan. Si un jour elle doit abouir elle sera cerainement remaniée
Guillem ferme les yeux et doucement s'endort.
Il se sent bien.
Malgré l'épuisement et la tristesse que je peux encore sentir aussi bien dans son corps que dans son esprit, il est calme et détendu.
Pour la première fois depuis une éternité, lui semble-t-il, il se sent en sécurité.
Il est confiant.
Tout comme moi.
Je mesure parfaitement le bond en avant que Guillem à fait en une seule journée!
Je sais qu'il ne s'arrêtera pas en si bonne voie!
Même les difficultés qui ne manqueront pas d'apparaître sur son chemin ne le feront pas renoncer.
Je le crois fermement.
J'en suis convaincue et cela me rend un peu triste.
Car je m'aperçois qu'il n'a plus vraiment besoin de moi.
Que je n'ai plus de raison de rester maintenant.
Je voudrais....
...
Finalement je ne suis pas si différent de la fille de Kate.
Elle ne voulait pas quitter sa mère
Je suis tout aussi égocentrique qu'elle
Le laisser me fait beaucoup de peine...
Le laisser me rend triste, jaloux!
Et même si je sais parfaitement ce que je dois faire, je n'en ai pas la moindre envie!
...
Je sais!
Je sais très bien que ce que j'ai dit!
Ce que j'ai juré haut et fort à Kate, mais cela n'empêche que c'est très dur!
Oui je vais partir !
Et le laisser continuer!
Sans moi!
C'est ce qu'il y a de mieux pour lui!
« C'est fou comme on s'attache, n'est ce pas? » M'interrompt une voix que je reconnais.
C'est celle de la mort.
Il se tient debout devant le lit de Guillem.
Il fixe le corps endormit de mon camarade avec un sourire moqueur qui ne me plaît pas.
Il tend la main.
J'ai l'impression d'être saisit par le cou au niveau de mon collier et tiré en avant.
Il m'extirpe sans ménagement du corps de Guillem.
Je me retient d' hurler.
Cela lui ferait trop plaisir!
Son sourire narquois s'agrandit et il me relâche.
« Ce n'est pas beau de bouder, Shallan! Tu pourrais me répondre. » reprend-t-il.
Je hausse les épaules en le faisant profiter de ma grimace la plus dédaigneuse.
J'observe Guillem qui dors puis Michel qui toujours assis sur le fauteuil à côté du lit, semble plongé dans une profonde réflexion.
« Je ne vois pas pourquoi je vous répondrais, alors que vous connaissez déjà ma réponse! »
Il éclate de rire.
Il a apparemment décidé de se moquer de moi jusqu'au bout.
Mais cela n'a pas d'importance.
Ma mission est finit maintenant...
« Qui t-as dit qu'elle était finit? » Me demande la mort en s'arrêtant de rire brusquement.
Je me tourne vers lui surpris.
« J'ai remplis la mission que vous m'aviez confié »
Ma voix tremble.
D'inquiétude: Guillem ne serait pas encore sortit d'affaire?
Mais aussi d'espoir!
L'espoir que mon ancien camarade ait encore besoin de moi!
A nouveau la honte et la culpabilité m'envahisse!
Je ne devais pas espérer cela!
C'est trop égoïste!
Trop humain!
Mes paroles n'étaient-elles que tromperies?
Ne suis-je pas capable de tenir mes engagements?
De tenir ma parole ?
Peut être que Guillem avait raison!
Que les mots ne sont que mensonges....
« Avance d'un pas, recule de deux! » Me nargue l'homme au catogan avec un soupir exaspéré.
« Que voulez-vous que je vous dise? »
« Moi ? mais rien.... » Répond la mort en fixant Guillem puis Michel. « C'est bien toi qui a dit que tu l'abandonnerais pas! »
« Oui mais Kate m'a expliqué ce qui se passait si on se liait de trop à une âme vivante...Et je ne veux pas lui faire du mal ou le faire souffrir par ma présence... »
« C'est bien ce que je disais. » Reprend la mort en me heurtant le torse avec le bout de sa canne. « Tu as les jetons! Tu as peur de prendre le risque de te lier à lui de te donner entièrement pour réussir cette mission! »
« Non! »
C'est faux!
J' hurle!
Il tente de me frapper à nouveau avec sa canne mais je suis plus rapide et j'arrête son mouvement avant qu'il ne me frappe.
Je tire sur la canne et la lui arrache des mains
« Je ne veux pas lui faire du mal! »
Je brise la canne sur mon genoux droit et jette les morceaux au loin dans la chambre.
« Guillem a déjà bien assez souffert! Je ne veux pas être une cause de souffrance pour lui!Je n'ai pas peur! Je ne veux que ce qu'il y a de mieux pour lui... »
« Menteur, tu ne veux plus te sentir responsable de lui! » Me répond l'homme entièrement vêtu de noir en me lançant un regard si froid et dédaigneux que l'espace d'un instant tout se fige.
Responsable?
Ce mot résonne étrangement en moi.
Je me suis déjà interroger sur ce mot....
Je me suis demandé s'il existait une différence entre coupable et responsable?
Pour le moment je ne connais pas la réponse
« Comment peux-tu savoir, toi, ce qu'il y a de mieux pour lui! » M'interroge la mort en insistant bien sur le « Toi ». « Alors qu'il l'ignore encore lui-même! »
Je n'en sais rien!
Tout ce que je sais , c'est que je veux qu'il soit heureux!
Et je sais que cela doit se faire sans moi!
« Qui es-tu pour en décider seul? » Continue la mort en soupirant.
Il commence à m'énerver!
Ils devraient tous accorder leur violon au lieu de changer d'avis comme de chemise!
Moi si cela continue je vais choisir de rester!
De ne plus jamais le laisser...
De ne pas l'abandonner, comme je l'ai promis....
Et c'est là que cela fait tilt...
Je regarde l'homme qui me fixe maintenant avec un sourire triste mais satisfait.
Comme un professeur heureux de la dernière leçon qu'il vient de donner à son élève.
Il m'a appris tout ce que je devais savoir.
La dernière leçon a été la plus dur je crois.
Je répète sa dernière phrase.
« Qui je suis pour en décidé seul? »
Il hoche la tête et je soupire.
«Tant qu'il ne me laissera pas partir, la mission ne sera pas finit. »
Nous somme deux.
Deux pour décider quand la mission sera finit.
Guillem et Moi.
Kate tenait à s'assurer que je ne m'attacherais pas trop à Guillem pour accepter de le laisser quand le moment viendrait.
La mort, lui voulait s'assurer que je laisse Guillem couper de lui-même les liens qui nous unissent.
Car c'est lui qui vit.
C'est lui qui décide.
Moi je dois juste me tenir prêt...
Prêt à l'épauler tant qu'il en aura besoin.
Prêt à l'encourager.
Me tenir près de lui
La mort s'approche et m'ébouriffe les cheveux.
« Et bien je ne savais pas que tu avais le cerveau si lent! » plaisante-il.
Je me dégage de sa poigne avant de lui répondre.
« Gardez vos sarcasmes pour vous! Vous auriez put tout m'expliquer avant de m'envoyer en mission cela aurait éviter pas mal de stresse! »
« Cela aurait été trop facile ! Et puis tu dois comprendre maintenant que certaines choses doivent être « expérimentées » pour être comprises, non? »
Je me contente de soupirer.
Mais je sais qu'il a parfaitement raison.
Mais je ne suis pas d'avis de lui avouer qu'il a une fois de plus raison.
Je réfléchis.
Car même si j'ai le cerveau lent comme il dit, une fois que mes neurones s'activent, ils ne s'arrêtent plus.
« Cela veut dire que ni Kate ni sa fille ne voulaient se détacher de l'autre? »
Il soupire et hoche la tête
« Que se passera-t-il si Guillem ne veut pas me laisser partir ? »
« Pour le moment, il n'y a aucun risque. Surtout si tu suis les conseils de Kate et que tu évites de lui « parler ». Il fera son deuil comme les autres avec le temps »
« Mais si.... »
«Il deviendra fou comme disent les vivants. Il s'inventera un monde ou tu es présent à ses côtés et vivra à l'intérieur de celui-ci ,coupé de la réalité. »
«Ce n'est pas ce que je veux... »
La mort soupire et marque une hésitation avant de me répondre.
«Tant que nous sommes d'accord la dessus, il n'y a aucun souci... »
Il fait apparaître du néant une nouvelle canne.
Ou bien est-ce l'ancienne qu'il a réparé, je n'en ai pas la moindre idée.
Je regarde dans le coin de la chambre ou j'ai lancé les morceaux, mais il n'y a plus rien.
Mais ce qui s'appelle plus rien du tout!
Plus de chambre d'hôpital!
Plus de Michel!
Plus de Guillem!
Il n'y a même pas de néant!
Tout tourne et tourbillonne autour de nous, alors que la mort me repousse du bout de sa canne.
Le choc du bout métallique sur ma poitrine me fait mal.
Je ne peux retenir le cri de douleur qui monte à ma bouche !
Je suis propulsé en arrière à une vitesse vertigineuse.
Le décors change si vite que je n'ai pas le temps de l'observer ni de m'étonner.
Du vide de la chambre d'hôpital, on passe à une chambre d'appartement.
C' est tout ce que j'ai le temps de voir avant de me retrouver à nouveau à l'intérieur du corps de Guillem.
Il dors.
Pour moi j'ai l'impression de l'avoir quitté, il y a un peu moins d'une heure.
Mais dans son souvenir, je peux lire qu'il est sortit de l'hôpital depuis une semaine!
Une semaine!
Je soupire.
Le temps.
Le temps n'a d'emprise que sur les vivants.
Alors qu'il n'a plus de pouvoir sur moi...
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