Cerbère, après ma mort

Le livre Cerbère, Après ma mort

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Gardiens des âmes

A la fin de la guerre opposant les royaumes libres aux forces du Chaos, il ne restait plus que cinq pays sur les six qui s’étaient engagés à lutter pour le bien sous les directives de l’Ordre.

Du pays détruit pendant les batailles, il ne restait qu’une petite contrée désolée que l’Ordre avait rattachée sous le contrôle du Royaume du Centre.

Tout le reste avait été envahi par l’obscurité émanant du Chaos.

Il avait fallut de nombreux sacrifices pour arriver à la création de la frontière qui empêcherait les hordes sauvages du Néant d’envahir les pays libres.

Les plus puissants enchanteurs de l’époque unifièrent leurs pouvoirs pour mettre en place une démarcation magique qui les aviserait et qui limiteraient les incursions ennemies.

Ils firent appel à une magie très ancienne et oubliée que seules les races magiques connaissaient.

Le plus anciens des dragons transmit la connaissance aux mages humains qui possédaient les dons nécessaires ainsi que la puissance.

Il ne divulgua à personne d’autre le fonctionnement de cette magie de peur qu’il en soit fait un mauvais usage dans l’avenir.

La force des mages et la coalition des armées des cinq nations restantes permirent l’impossible.

Mais le prix de cette victoire fut énorme.

Nombreux furent ceux qui succombèrent avant que la frontière ne soit efficace, notamment

les mages responsables de son édification.

Les moines qui composaient une des castes de l’Ordre se mirent en devoir de rechercher comment fonctionnait la frontière afin de prévenir tout risque de rupture.

Le Dragon étant mort lui aussi pendant l’édification de la frontière plus personne ne connaissait son mode de fonctionnement.

Quant aux Gardiens des âmes qui composaient le reste de l’Ordre, ils optèrent pour surveiller les abords de la frontière et assurer la sécurité des populations.

Cette partie de l’Ordre se composait des mages survivants armés de leur lame fouet.

Selon les légendes ces lames étaient les objets magiques les plus anciens et les plus puissants du monde. L’origine de leur création se perdait dans un passé lointain et obscur.

Elles étaient sorties de leur sommeil au début des affrontements contre le Chaos.

Elles avaient été découvertes dans les ruines d’une cité du royaume de l’Ouest.

Elles se trouvaient toutes là, accrochées au mur d’un vieux temple comme endormies. On avait l’impression qu’elles attendaient que leurs porteurs se présentent devant elles pour se ranimer.

Ce fut ce qui se passa quand les Gardiens entrèrent dans le bâtiment décrépi qui les renfermait.

D’après les comptes-rendus de mission et les récits des témoins de cette découverte, trois spectres se présentèrent devant les trois mages qui possédaient les pouvoirs les plus grands.

Chaque fantôme guida un gardien vers une lame dont la garde était ciselée et ornée d’un métal inestimable. Le pommeau de chacune d’elle était constitué d’une pierre précieuse de couleur différente.

Les spectres apprirent leur nom aux Gardiens. Celui-ci se trouvait être aussi le nom des épées qu’ils confièrent aux mages pour qu’ils puissent accomplir leur mission.

Les trois lames avec un nom se trouvaient être les plus anciennes et les plus puissantes de toutes les lames fouet qui se trouvaient dans la bâtisse.

Pour la lame avec un pommeau bleu, il s’agissait de Justice, symbole de la protection.

Pour celle qui avait une pierre verte, la lame la plus âgée s’appelait Equité. Elle représentait la loyauté.

Quant à celle dont le pommeau se parait d’une pierre rouge, elle s’appelait Persévérance et elle symbolisait la puissance.

Certaines rumeurs disaient que c’étaient elles qui avaient guidé les mages vers le dragon pour qu’il leur enseigne la magie de la frontière.

Cinq ans après la fin de la guerre, il y eut un incident qui faillit remettre en cause l’équilibre instauré par l’Ordre et ses diffèrent représentants.

Les meutes loups, une des races magiques des cinq royaumes, se révoltèrent contres les décisions de l’Ordre à propos de la façon dont celui-ci se chargeait de s’occuper de la frontière.

Les moines n’avaient pas découvert grand-chose sur la magie qui avait crée la frontière.

Pour plus de sécurité, ils décidèrent de sceller tous les enfants nés avec les dons de l’esprit.

Ils avaient mis en évidence que la frontière était sensible à cette magie et pour limiter les risques de rupture, ils avaient décidé de faire disparaître cette forme de magie.

Ils brûlèrent tout ce qui s’y rapportait. Les clans loups n’approuvèrent pas cette politique qui risquait de les mener à l’extinction.

Les loups ne disposaient pas de la magie élémentaire mais était capable pour certain de développer des capacités puissantes liées à la magie de l’esprit.

Ils refusèrent que leurs descendants soient muselés comme de vulgaire chien.

Ils s’exilèrent loin des humains se désintéressant du sort des nations qu’ils avaient contribué à protéger jusque là.

Pendant dix ans, il n’y eut aucun problème.

La frontière remplit son office.

Elle semblait imperméable et elle résistait à toutes les attaques.

Les habitants des cinq royaumes s’habituèrent à la présence de la frontière.

Les moines s’en désintéressèrent et laissèrent la vie suivre son cours.

Ils préférèrent s’occuper des relations politiques et diplomatiques entre les différents pays qui formaient maintenant un ensemble nommé les Cinq Royaumes.

Les lames qui perdirent leur porteur pendant la guerre retournèrent dans les ruines du royaume de l’Ouest où il fut construit un temple à leur intention.

Seul Justice disparut dans la tourmente sans que personne ne sache ce qu’il était advenu de la lame fouet.

Chaque domaine retrouva la paix et recommença à vivre paisiblement.

Le royaume du centre qui avait récupéré la petite province restante du sixième pays se mit en devoir de reconstruire cette région dévastée par la guerre.

Ce pays avait développé une forte magie élémentaire liée à l’eau ce qui leur permit de rendre rapidement les terres fertiles. Le roi de cette contrée et le conseil, qui l’aidait à gouverner, surent guider le pays sur la voie de la prospérité.

Le chef suprême, ayant un enfant pouvant prétendre au trône, refusa de se remarier pour rendre hommage à sa reine, décédée lors de la formation de la frontière.

La souveraine était l’un des gardiens qui sacrifia son existence pour que la protection magique soit imperméable à toute intrusion.

Malgré sa peine il gouverna convenablement son pays.

Le royaume du sud était celui où cohabitaient les humains et la race magique des Hyelsharra.

Cette race magique formait une horde immense toujours en mouvement.

Elles se déplaçaient dans les plaines pour faire du commerce et de l’élevage.

De ce peuple magique, on ne pouvait voir que les femmes qui prenaient l’apparence de magnifiques chevaux blancs.

Il était rare de voir un seul homme Hyelsharra sortir des camps itinérants ou des villes que ce peuple occupait pour l’hiver et où très peu d’étrangers étaient admis.

Chacune des deux races avait son propre gouvernement. Leurs représentants se rencontraient régulièrement pour réviser les différents accords qu’ils avaient conclus depuis la création du pays.

Le pays de l’Ouest n’était en grande partie constitué que de déserts et de montagnes.

Il s’y trouvait peu d’humains en dehors de la ville de Gaherin qui abritait le temple des lames fouet. Le reste de la population était composé de Dragons.

Les clans les plus anciens et les plus respectables de cette race magique avaient élu domicile depuis des générations dans les montagnes du nord du pays dans une zone froide et difficile d’accès.

Ils n’entretenaient que peu de relations avec leurs voisins humains.

Ils vivaient paisiblement de leur côté tout en acceptant de recevoir par courtoisie la visite des membres de l’Ordre.

Car dans chaque pays des cinq royaumes, les moines de l’Ordre avaient une tour où l’un d’eux assurait le rôle d’ambassadeurs auprès des dirigeants politiques du pays.

Généralement le beffroi se localisait dans la capitale du pays mais pour celui-ci qui n’en possédait pas, il se trouvait à Gaherin.

Le royaume du Nord se composait quant à lui d’être humain et de clans Dragon qui commerçaient un peu plus que les autres tribus de leur race avec les humains.

Ce pays était constitué de montagne et de forêts luxuriantes.

Le roi qui gouvernait avait le pouvoir absolu. C’était le pays ou les libertés individuelles étaient les plus réprimées mais l’Ordre veillait sur le respect des lois et des droits de chacun.

La principale richesse de ce pays se trouvait dans ces carrières de minerais rares et précieux dont les filons étaient abondants dans le sol.

La magie était utilisée pour extraire le minerai en limitant le danger pour les ouvriers.

Dans chacun de ces pays, elle tient encore une place importante dans la vie quotidienne.

Seul un royaume, celui de l’Est, avait changé radicalement de politique à la suite de cette guerre.

Estimant que la magie était en partie responsable des hostilités, les dirigeants optèrent pour la bannir.

Ils jurèrent pourtant fidélité à l’Ordre acceptant de se soumettre aux règlements communs de libre échange et de commerces entre les pays.

L’indulgence de l’Ordre fut principalement due au fait que ce pays avait été très appauvri par les derniers affrontements et que les ressources magiques en avaient été presque entièrement épuisées.

De plus ce pays s’était rapidement orienté dans le développement de certaines technologies et pratiques qui ne se faisaient pas ailleurs, comme la création de textiles plus résistants.

Ainsi que le développement des systèmes d’irrigation et de maîtrise de l’énergie du vent.

On murmurait aussi que les chercheurs de ce royaume avaient mis au point une nouvelle arme. Mais ce n’était que bavardages sans preuves.

L’Ordre avait toléré le développement de ces nouvelles techniques en estimant que cela pourrait enrichir tous les royaumes.

Depuis la guerre, les moines estimaient qu’il pouvait s’avérer dangereux de compter uniquement sur la magie pour les choses du quotidien ainsi que pour assurer la défense de la population.

Ils avaient donc donné leur accord pour favoriser les recherches et les différentes expérimentations.

Les moines s’étaient même arrangés pour qu’un des leur supervise tout cela.

Ils s’étaient assurés que le moine les représentant dans ce pays serait consulté pour toutes les recherches entreprises.

Ils avaient négocié aussi le droit du commerce sur les ressources crées par ses nouvelles technologies. Aucun produit ne pouvait être vendu, s’il n’avait pas reçu l’agrément de L’Ordre.

Grâce à ces nouvelles méthodes, le commerce se développa très rapidement.

Chaque région se spécialisa dans un domaine particulier.

Le pays de l’Est redevint rapidement prospère.

Dans la région du sud-est de cette contrée, ce fut l’irrigation et l’industrie du textile, qui se développèrent, autorisant un essor rapide de la région.

Grâce à la production massive de produits agricoles de première nécessité qui faisaient défaut après la guerre dans la plus grande partie des royaumes, ils établirent des relations de commerce privilegiées avec leur voisin.

Il y avait tout particulièrement une ville, quasi détruite par la guerre, qui malgré tout réussi à devenir florissante en si peu de temps.

Cie’Nog, ville située dans le sud est du pays, favorisa en premier lieu la reconstruction et l’irrigation des champs.

Quand les habitants eurent suffisamment pour eux, ils troquèrent avec leurs voisins proches pour acquérir de nouvelles techniques et pouvoir développer les activitées de leur cité.

Ce fut ainsi que commença l’industrie textile.

La réputation de leurs tissus connus pour être plus résistants et souples que ceux qui existaient déjà, dépassa bientôt les frontières de l’état.

La cité continua donc de s’enrichir.

Cie’Nog se trouvait à l’orée d’une immense forêt qui s’étendait à perte de vue en direction du Nord.

Elle ne possédait ni rempart ni fortifications contrairement aux cités des royaumes voisins.

Elle se délimitait en quartiers reconnaissables à la couleur des briques des maisons qui les composaient.

Les rues qui partageaient l’agglomération étaient larges et bien entretenues.

Il y avait de nombreux espaces verts qui semblaient tout aussi bien ordonnés que l’espace entre les maisons.

Tout y était droit et rectiligne pour une meilleure occupation de l’espace selon les désirs des dirigeants de la cité et de ses habitants.

Elle se composait de quatre quartiers différents sans tenir compte des espaces cultivés qui s’étendaient à l’extérieur de la ville au sud.

Sur la périphérie de la ville il y avait le quartier résidentiel, reconnaissable par la couleur rouge des maisons qui le composaient .

A l’opposé se trouvait le quartier industriel dont les bâtiments étaient deux fois plus grands au minimum et de couleur grise.

En se rapprochant du cœur de la cité on traversait le quartier administratif qui regroupait les institutions comme le conseil de la ville, le tribunal et les écoles.

Les établissements avaient tous la même couleur marron foncé.

Enfin le cœur de la cité se composait du quartier commerçant.

Les maisons y étaient plus petites avec des pierres blanches et des colombages de bois foncé.

Chaque échoppe avait son enseigne ce qui permettait de repérer plus facilement le magasin que l’on cherchait.

Au centre même de la ville se tenait une fontaine avec une statue de femme regardant le ciel les bras écartés de part et d’autre. A côté d’elle un loup hurlait à la mort.

L’eau jaillissait en petit geyser autours de la statue l’arrosant jusqu’au niveau des genoux.

Il y avait de l’animation sur la place car c’était jour de marché.

Les marchands avaient déjà installé leurs étales et commençaient à haranguer les badauds.

A l’auberge du Héros flamboyant qui se trouvait dans une des rues les plus fréquentées de Cie’Nog, l’ambiance était déjà des plus chaude.

Le vin et la bière coulaient déjà à grand flot.

Cette taverne avait une très bonne réputation dans toute la ville.

Les prix et la nourriture y étaient corrects ainsi que la tenue de la literie.

Elle ne désemplissait que rarement à la grande satisfaction du patron qui était un homme affable et généreux d’après tout ce que l’on pouvait entendre sur lui dans la région.

Grand et bien bâti, cet homme d’une quarantaine d’année aux cheveux blond, faisait la fierté de sa ville pour son dévouement et pour le sacrifice qu’il avait consenti pour le bonheur de la ville tout entière.

Comment ne pas reconnaître le mérite d’un homme qui abritait chez lui un orphelin de la guerre dont personne ne voulait ?!

Un orphelin…
Un loup sans famille…

Un être maudit par le destin dès sa naissance.


******************

A suivre…


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Selon les habitants de Cie’Nog, Rei avait sacrifié sa vie pour élever l’enfant.

Malgré le bruit qui régnait déjà dans son auberge, Rei n’entendait pas de bruit à l’étage.
Il pris une grande canne de bois solide qu’il tenait toujours rangé sous son comptoir.
Il se dirigea vers le fond de la salle commune dans le coin le plus sombre.
Il éleva sa gaffe et frappa au plafond.
Il entendit alors le bruit qu’il espérait : quelqu’un s’était mis à marcher sur le plancher de l’étage supérieur.
Il soupira et retourna à son travail tout en se souvenant des évènements qui l’avait conduit à prendre en charge le garçon.

Le gamin n’avait que quelques heures quand le conseil de la ville avait décidé que le patron de l’auberge en aurait la garde.
Il n’avait émit aucune objection.
Il avait côtoyé les parents du nouveau-né pendant le temps de leur séjour dans son établissement.
Ils s’étaient montrés des clients respectables et raisonnables.
C’était dans son auberge que le petit était né alors que sa mère luttait de toute sa puissance magique pour mettre en place la frontière.
Il avait aidé la femme gardien à le mettre au monde alors que son époux et écuyer luttait pour défendre la ville avec les soldats de l’armée et d’autres gardiens.
Il avait été le premier à tenir l’enfant.
Quand ayant repoussé les orcs jusqu’à leur camp retranché, l’homme était revenu dans leur chambre, la femme était en train de rendre son dernier soupir.
Rei n’avait pas eu besoin d’en avertir l’homme.
L’écuyer le savait.
La jeune femme s’était éteinte dans les bras de son écuyer.
Le tenancier se doutait que l’homme ne pourrait pas survivre à sa compagne.
C’était une croyance qui se colportait dans le peuple vis-à-vis des gardiens et de leur écuyer.
Mais il était aussi de notoriété publique que chez la race magique des loups, les époux ne se survivaient pas longtemps.
Et même en dehors de ça, l’homme était couvert de blessures plus graves les unes que les autres. Il traînait sa jambe gauche laissant une marque sanglante sur le parquet.
Sa figure était complètement tuméfiée. Une plaie béante lui barrait le front au dessus de l’œil droit jusque derrière le haut de l’oreille droite. Il se tenait le bras droit avec le gauche où Rei pouvait voir le restant d’une penne de flèche.
Il n’y avait aucun guérisseur dans les environs.
Il n’avait aucune chance de survivre à toutes ses blessures.
Rei aurait voulu lui venir en aide mais il ne savait comment le soulager.
En apercevant l’enfant l’écuyer loup sourit tristement.
Il s’approcha et regarda l’enfant qui ouvrit les yeux.
Il gardait un souvenir confus de ce qui était arrivé par la suite.
Tout était allé si vite.
En croisant le regard de son fils l’homme avait hurlé.
Rei n’avait jamais entendu un cri aussi déchirant.
Le loup s’était retenu de tomber à terre en s’accrochant au pied du lit.
Il y avait eut un éclair de lumière aveuglante.
Quand Rei avait ouvert les yeux, il ne tenait plus l’enfant.
Celui-ci se trouvait sur le lit où avait été étendue sa mère.
Mais dans la pièce il ne restait aucune trace du couple.
Rien !
Pas la moindre trace.
Juste l’enfant qui pleurait sur le lit.

Le conseil s’était réuni et lui avait confié l’enfant jusqu'à ce qu’un coursier avertisse les membres de sa famille qu’il se trouvait chez eux sain et sauf.
Les membres du conseil espéraient que l’un de ses parents maternels ou paternels viendraient chercher le nouveau né.
En attendant ils le confièrent à Rei.
L’homme blond ne pouvait pas refuser d’accueillir l’enfant chez lui alors que ses parents venaient de sacrifier leur vie pour permettre la survie de la ville.
Et puis le conseil lui avait certifié que ce n’était que pour un temps restreint.
Il avait même affirmé que les familles de leurs sauveurs viendraient réclamer l’enfant.
Dans un premier temps tout se passa bien.
En fait temps que l’enfant fut un bébé incapable de se défendre seul, les gens du village aidèrent Rei à l’élever.

Pendant cinq années, le petit garçon grandit entouré des soins des villageois mais plus le temps passait, plus ils prenaient du recul devant l’enfant qui était si différent.
Aucun membre de sa famille ne s’était manifesté jusqu'à présent et le conseil trouvait que cela commençait à faire long.
Pour Rei, cela devenait pesant car le petit garçon très vif lui posait des questions auxquelles il ne voulait pas répondre, notamment au sujet de ses parents.
La guerre était finie depuis plus de cinq années quand enfin des membres de sa famille demandèrent à le voir.

Devant son comptoir, Rei soupira.
Il se souvenait parfaitement de cette visite des plus officieuses.
Il avait dû laisser l’enfant affronter seul ceux qui étaient venu le chercher.
Cela n’avait pas duré longtemps.
Juste quelques minutes.
Il ne savait pas ce qui avait été dit.
Il ignorait pourquoi l’enfant n’avait pas voulu les suivre.
Tout ce qu’il savait c’était que l’attitude des gens avait alors commencé à changer.
Les autres villageois n’avaient pas accepté que l’enfant refuse de partir.
Rei, lui, s’était sentit soulagé.
Il s’était attaché au gamin et le voir partir ne l’enchantait pas vraiment, mais il voulait agir pour le mieux de l’enfant.
Samuel, c’était le prénom que le tavernier avait choisi pour l’enfant, n’avait pas gardé de souvenirs exacts de ce qui s’était passé ce jour là. Il évitait même d’en parler.
Par la suite Rei ne se souvenait pas avoir vu qui que ce soit se présenter pour l’orphelin.
Il l’avait éduqué du mieux qu’il avait pu.
Les années avaient passé.
Le gamin allait bientôt avoir quinze ans !

En regardant l’adolescent brun descendre de sa chambre en trombe, il eut un petit pincement au cœur.
Il ne s’était pas montré des plus aimables avec l’enfant.
Il l’avait élevé comme il avait put, mais sans la moindre tendresse.
Il devait l’endurcir !
Pour le rendre fort !
La vie ne serait par tendre pour l’adolescent.
Rei estimait avoir fait de son mieux pour le préparer aux épreuves de la vie.
Du coin du bar où il se trouvait, il invectiva le gamin comme chaque jour pour le sermonner et lui ordonner de rentré dès les cours finit.
Rei n’arrêtait pas de se répéter qu’il était trop dur avec le jeune garçon mais que c’était pour son bien.

« Samuel ! Si tu n’es pas là pour le service de 12 heures, tu te passeras de déjeuner !! »

L’adolescent brun ne stoppa même pas sa course dans l’escalier.
Il se contenta d’hurler au-dessus du brouhaha de la salle.

« Je suis déjà en retard !! »

« Comme d’habitude ! » répondit le gérant de la taverne en le regardant franchir la porte.

Le rituel du matin.
A chaque nouvelle journée, il fallait que cette conversation ait lieu.
Il aurait voulu pouvoir exprimer ses véritables sentiments pour l’adolescent mais il ne s’en sentait pas le courage.
Il avait trop peur que le garçon lui en veuille et le repousse.
Ne rien dire lui faisait de la peine mais pas autant que l’idée de se faire rejeter par le môme qu’il avait apprit à aimer.
Rei soupira en retournant à ses activités.

Samuel se rendait en classe.
Comme tous les jours il était en retard
Sur le chemin en quittant le quartier commerçant, il croisait beaucoup de gens partant travailler, ou d’autres enfants se rendant à leur école.
Et comme tous les jours, aussi bien les adultes que les plus jeunes des enfants, ils le regardaient avec le même regard gêné et condescendant.
Personne n’ignorait en ville qui était cet adolescent orphelin de quatorze ans et pourquoi il n’était que toléré ici.

À première vue pourtant le jeune garçon n’avait rien qui le démarquait des autres adolescents de son âge : Brun aux cheveux courts et souples.
Il était un peu plus grand et de carrure plus forte que la moyenne mais sans rien d’extraordinaire.
Mais il y avait son regard qui changeait tout…
Samuel avait les yeux vairons : un bleu et un noir !
Ceci ne signifiait rien de bon pour les gens d’ici.
Pour les habitants superstitieux de la région, cette particularité physique était liée à la magie.

Depuis la fin de la guerre les gens de l’Est s’étaient convaincus que la sorcellerie avait été la cause de tout leur malheur.
Ils se méfiaient de tout ce qui avait un rapport avec les pouvoirs magiques.
Les étrangers qui traversaient le pays de l’est savaient qu’il valait mieux se montrer discret sur ce sujet là et éviter de se servir de la magie sous peine de recevoir une lourde amende, voire de se faire emprisonner pour pratiques illégales.

Et il y avait encore autre chose : Samuel n’était pas humain.
Il appartenait à un des peuples magiques qui dans cette région n’étaient qu’admis, car ils servaient l’Ordre.
Malheureusement pour Samuel depuis, dix ans environ, les Meutes loup ne servaient plus l’Ordre et plus précisément la caste des Gardiens des âmes.
Suite à un désaccord entre les Clans et la caste de moines, les Loups avaient cessé tout rapport avec les Humains.
La rumeur publique voulait qu’ils aient trouvé refuge près de la frontière pour empêcher toutes intrusions ennemies. Celles-ci malgré la frontière semblaient se multiplier ces derniers temps.
Certains marchands ambulants racontaient avoir vu des loups dans la contré rattachée au royaume du centre.
Tout le monde ignorait pourquoi les meutes avaient quitté l’Ordre.
Aucune explication n’avait été fournie par les moines qui se contentèrent de laisser les rumeurs se répandrent accusant les loups de comploter avec le Chaos.

Il n’en fallait pas plus aux habitants de Cie’Nog pour voir en Samuel une menace pour leur sécurité.
Parfois le garçon se demandait ce que serait sa vie si les habitants de la ville ne considéraient pas avoir une dette d’honneur envers ses parents, morts pour les protéger.
Plus d’une fois à cause des mauvaises récoltes ou de n’importe quoi en fait, il avait failli servir de bouc émissaire, manquant de peu d’être exécuté.
Mais l’honneur chez les habitants de Cie’Nog était une valeur très forte, ce qui lui avait à chaque fois sauvé la vie.
Samuel avait appris à vivre dans ce contexte de suspicion et de danger permanent.
Si les citoyens de la ville ne pouvaient pas le tuer, ils leur étaient possibles de le maltraiter sans qu’il dispose de moyen de défense.
Pas qu’il ne savait pas, Rei lui avait appris de nombreuses choses dont celle-là.
Mais il leur aurait donné une bonne raison pour se débarrasser de lui s’il avait levé la main sur un des habitants de la ville.
Le tavernier le lui avait clairement expliqué et mis en garde à ce sujet.
Même si l’adolescent avait du mal a accepté l’autorité des adultes, il respectait Rei qui l’avait élevé.
Malgré les airs bourrus de l’homme blond, Samuel savait qu’il lui devait énormément.
Instinctivement, Samuel sentait qu’il était encore trop jeune pour partir de la cité qui lui offrait malgré tout, un abri où dormir et de la nourriture en quantité suffisante.

Sans oublier l’instruction qu’il recevait à l’école obligatoire pour tous les enfants de moins de seize ans.
Le jeune brun apprenait avec voracité tout ce qui lui paraissait utile pour plus tard.
Si les professeurs avaient été impartiaux et justes, ils auraient reconnu l’intelligence et la soif de connaissance du garçon.
Mais là aussi Samuel devait se débrouiller par lui-même cherchant dans les livres de la bibliothèque toutes les informations qui lui seraient peut être utile.
Samuel avait une grande quantité de rêves dont celui de changer le regard que les autres posaient sur lui.
Il attendait le bon moment.
Il avait confiance en son instinct qui l’avait toujours guidé.
Il savait que ce sixième sens l’avertirait quand le moment viendrait.
Il se manifestait à chaque fois de la même manière.
Comme à l’instant précis !

Une sensation de douce chaleur au niveau du ventre.
Soudain il entendit un sifflement et une ombre immense passa au-dessus de lui.
Surpris, il leva les yeux au ciel, mais ne vit rien.
Rien que le ciel bleu et limpide.

En entendant la cloche sonner au loin, il reprit sa route sans plus se préoccuper de ce qu’il avait cru voir.
La sensation agréable au creux de son estomac avait disparue en même temps que l’ombre qui l’avait survolé.

Une fois dans sa classe, il oublia tout à fait l’incident se concentrant sur ce que leur professeur disait.
Il fut surpris quand le directeur entra, accompagné d’un inconnu.
Il y eut du chahut provoqué par le fait que le jeune homme portait l’insigne des Gardiens.
C’était le rêve de tous les garçons de la ville que d’être recruté pour servir dans l’Ordre, le plus noble des cinq royaumes.
Le jeune homme d’environ 16ans, n’était encore qu’un apprenti, mais il dégageait tant de prestance et d’assurance que les gamins ne pouvaient s’empêcher de l’envier.
Il les fixa un à un, cherchant quelque chose qu’il devait être le seul à pouvoir voir.
Son regard croisa celui de Samuel.
Celui-ci senti la chaleur au creux de son ventre réagir à ce regard.
L’adolescent qui venait d’entrer, eut une moue de dédain qui blessa le brun.
Il le montra du doigt, annonçant aux adultes que le « petit » partait avec lui dès maintenant.

« Lui…Il s’agit de ce garçon. Il vient avec moi… »

***************
A suivre…


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Le directeur avait interrompu la classe en entrant accompagné d’un adolescent étranger.
L’inconnu portait la tenue de cuir des apprentis Gardiens.
Il avait fixé un à un les garçons de la classe de Samuel.
Apparemment il cherchait quelque chose qu’il devait être le seul à pouvoir voir.
Son regard croisa celui de Samuel et il eut une moue de dédain qui blessa le garçon.
Mais il n’apprécia pas plus que l’autre adolescent le montre du doigt, annonçant aux adultes que le « petit » partait avec lui dès maintenant.

« Lui… Il s’agit de ce garçon. Il vient avec moi… »

« Samuel… Viens par ici » Dit le directeur avec empressement « Ce Seigneur t’a choisi comme écuyer. Il est de ton devoir de le suivre… »

« Pardon ?! » Répondit l’adolescent en se levant de sa chaise, « Mais en quoi suis-je obligé de l’accompagner ?? Je suis du peuple libre… Même si je n’ai ni famille ni biens, je ne suis pas de ceux dont on dispose comme d’un paquet !! »

Samuel fit pourtant quelques pas en direction de l’apprenti.
Son instinct le poussait malgré lui vers l’individu qui ne cessait de l’examiner.
Plus il se rapprochait de l’étranger plus la chaleur irradiait dans son corps.
Jamais auparavant il n’avait ressenti une telle sensation de bien être.

« Samuel tu ne comprends pas ! C’est un honneur que te font les dieux en t’offrant cette opportunité ! » Continua le Directeur en insistant bien sur les mots « honneur » et « opportunité ».

Il marqua un temps de silence, attendant que l’adolescent brun déchiffre les sous-entendus de son propos. Puis il reprit la parole d’un ton ferme et intransigeant.

« En aucun cas tu ne peux refuser, personne ici ne comprendrais si tu maintenais ton refus…Notre largesse envers toi s’en trouverait compromise alors que si tu le suis, tu rendras grâce et gloire à ceux qui t’ont accueilli… »

Samuel soupira.
Il savait que sa situation était précaire et difficile mais il n’imaginait pas qu’en tant qu’homme libre on le laisserait si peu autonome dans ses choix !
Les habitants ne le supportaient déjà que trop mal alors s’il refusait, sa vie risquerait de devenir un enfer.
Peut-être estimerait-il qu’ils n’avaient plus de dettes à son égard ?
Sa vie ne tiendrait alors plus qu’a un fil.
Il finit par se résigner, acceptant ainsi de suivre le Seigneur.

Sans plus de cérémonie ni de préparation, le grand adolescent lui fit comprendre qu’ils partaient dès maintenant pour un long voyage.

A l’extérieur de l’école, il y avait un tas de trois sacs assez lourds où devaient se trouver le nécessaire pour le voyage de l’apprenti.
Celui-ci lui fit comprendre que c’était à lui de porter les sacs pour leur approvisionnement et leur campement.
Samuel en aurait hurlé de rage.
Il avait apprit à vivre avec le comportement hautain des habitants de Cie’Nog à son égard mais il ne s’attendait pas à ce qu’un étranger le traite avec autant de hauteur.
L’apprenti semblait le considérer avec un dédain qui le mettait dans une colère noire.
Il avait tant espéré que les gens de l’extérieur ne le considèrent pas de cette façon si désobligeante.
Bien qu’il n’ait rien de valeur dans sa chambre à l’auberge qu’il souhaita récupérer, il aurait voulu au moins dire au revoir à Rei.
Juste pour qu’il ne s’inquiète pas.
Samuel savait que l’homme avait supporté sa présence par pure contrainte au début et qu’au fil du temps une relation de confiance s’était instauré entre eux.
L’aubergiste aurait pu lui dire sa fierté à le voir être choisi pour servir l’Ordre.
Pour la première fois, Rei n’aurait pas eut à avoir honte de s’occuper de lui.
Samuel aurait voulu lire la satisfaction sur le visage du tavernier.
Ce départ hâtif lui donnait l’impression de s’enfuir, ce qu’il n’appréciait pas !
Mais malgré ses protestations, l’autre adolescent s’éloignait déjà dans la direction opposée.
Ne laissant d’autre choix à Samuel que de se charger des sacs et de le suivre.

Ils quittèrent la ville sans que l’apprenti ne lui adresse la parole, ni ne réponde à ses invectives.
Samuel ne cessait de ruminer ses idées noires tout au long du chemin.
Il aurait pu essayer de s’échapper, mais pour aller ou ?
En ville, il aurait été plus que mal accueilli…
Atteindre une autre cité, sans aucun papier pour prouver qu’il appartenait du peuple libre, il n’aurait pas fait long feu….
Quant à l’idée de se perdre dans la forêt, il évitait d’y songer…
Il y avait trop de danger : errer au milieu des bois, la nuit équivalait à signer son arrêt de mort.
N’ayant pas trouvé d’autre solution, il se mit à examiner d’un peu plus prêt le Seigneur qui l’accompagnait.
L’apprenti Gardien ne devait pas être beaucoup plus vieux que lui, à vue de nez un à deux ans.
Par contre il était plus grand de 10 centimètres, plus fin, sans pourtant être fragile.
Il devait appartenir à une noble race, vu la condescendance et l’entrain du directeur à lui obéir malgré son statut d’apprenti. Brun, avec une mèche blanche sur la tempe droite, des yeux verts clairs, habillé de l’armure de cuir des étudiants de l’Ordre, avec à la ceinture l’emplacement vide, pour l’instant, pour sa futur lame-fouet. Il n’était armé que d’un poignard aux armoiries de sa famille.

Pas étonnant qu’à ses côtés, Samuel se sente comme un lié : habillé avec un vieux jeans rapiécé, seul luxe que se permettait Rei en faveur de l’enfant car ce tissu issu des fabriques de la ville était des plus résistant. Rei faisait cadeau d’un pantalon neuf au début de chaque hiver à l’enfant qui devait le faire tenir jusqu'à l’hiver suivant. Il portait un pull tout aussi rapiécé que le pantalon.
Il croulait sous la charge qu’il avait à porter, même s’il avait une bonne carrure et une endurance à toute épreuve par rapport à celle des gamins de sa ville.
Tout de même il n’était pas une bête ni un esclave qui ne pouvait pas faire part de sa façon de penser à ce jeune homme qui le prenait de bien trop haut à son avis.
Alors après deux bonnes heures de marche, il s’arrêta tout bonnement et simplement.
Posant les sacs, il s’installa confortablement et attendit que l’autre remarque son absence, ce qui arriva après un temps assez long à l’avis de Samuel.
L’apprenti revint vers lui et le fixa étrangement ne semblant pas comprendre son attitude, déstabilisé par le comportement du garçon.

Samuel en riait intérieurement, si le type s’étonnait pour si peu il allait en avoir pour son argent !

Car il y avait une raison précise aussi à l’entrain du Directeur à son départ à lui.
En ville personne ne le regardait comme un humain …
Les personnes comme lui étaient considérées comme maudites.
Il ignorait pourquoi l’autre l’avait choisit, mais il voulait que les choses soient claires pour ne pas se retrouver abandonné au beau milieu de nulle part avec une chance de survie tenant du miracle.

Alors ce « Seigneur » allait devoir s’expliquer sur son choix et ses motivations.

« Je peux savoir pourquoi vous vous êtes arrêté ? » Demanda l’apprenti sur un ton poli qui déstabilisa Samuel.

« C’est lourd ! Je suis fatigué ! Et je voudrais comprendre pourquoi on en est là ?...Enfin quoi, je ne suis pas une bête ou un esclave… Où on va et pourquoi ? Tout, en fait, je veux tout savoir… Si tu me dis tout…Je te dirais aussi quelque chose sur moi que tu dois savoir. Tu vois, nous allons passer un accord d’entente mutuelle… »

« Un quoi, s’il vous plaît ? »

« Un accord d’entente….Je n’ai pas vraiment eu le choix pour te suivre, mais j’ai mon mot à dire ! Ce n’est pas que cela me dérange de partir, mais j’aurais aimé ne pas le faire comme un animal en cavale !!! Pourquoi es-tu si pressé ? » Expliqua Samuel assis sur les sacs et fixant à son tour l’apprenti droit dans les yeux.

« Je ne crois pas que cet endroit soit le plus sûr pour débattre de cette affaire. Je comptais vous expliquer mes objectifs une fois atteint le fort d’Eldridge » Tenta de dire Le seigneur d’une voix moins assurée.

« QUOI ??? Mais ce fort est à deux jours de marche de la ville ! Tu comptais ne pas me parler en deux jours ?!! T’as un de ses culots !!! » L’interrompit Samuel en se levant d’un bond furieux.

« Je suis pressé. Il me faut l’atteindre rapidement afin d’y retrouver mon enseignant. Il m’attend là-bas pour me conduire à Bajang…. »

« Minute papillon, tu comptes me conduire moi… Moi, Samuel à Bajang ? Faut vraiment que je te parle là… »

« C’est là que je recevrais l’enseignement pour devenir Gardien, et sur la route je dois me trouver un écuyer… C’est vous ! »

« Temps mort, comment tu sais ça toi ? »Dit Samuel en écarquillant les yeux.

« Vous le savez… Vous m’avez senti arriver en ville ce matin. Je vous ai suivi jusqu’à l’école. Et comme les gens dans cette région n’aiment pas ce qui est différent, je me suis présenté sous mon apparence humaine »Dévoila l’apprenti baissant les yeux gêné par la tournure de la conversation

« Heu… Je n’ai pas pigé moi là… ? Tu veux parler de l’ombre que j’ai cru voir ? »

« Oui…Je suis un dragon » Avouât-il à Samuel non sans une certaine fierté.

« Un dragon, en plus… Il ne manquait plus que ça ! Si tu étais un dragon, tu devrais avoir des ailes même sous forme humaine, non ? » demanda Samuel au bord de l’exaspération

« Le directeur m’a demandé de les ranger pour ne pas impressionner les enfants plus que nécessaire… J’ai accepté ne voulant pas créer d’incidents qui auraient pu porter préjudice à ma famille. »

Samuel soupira.
Il savait que les gens de Cie’Nog n’appréciait pas les races magiques.
Mais les dragons avaient plutôt une bonne réputation, surtout s’ils portaient les couleurs de L’Ordre.
Le brun ignorait pourquoi l’apprenti avait accepté de se plier aux exigences racistes du directeur de l’école.

« T’es trop gentil toi, j’ai l’impression. Sors-les, que je vois ce que cela donne… Quoi ? T’as un problème ? »

L’apprenti le fixait avec des yeux remplis d’étonnement et aussi une impression étrange de soulagement.
Il sourit et s’approcha de Samuel lui demandant de l’aider à enlever sa chemise.

« Ok » fit celui-ci se demandant où cela allait les mener.

Il fut sidéré en voyant les deux balafres qui lézardaient dans le dos de l’adolescent, et par les grimaces de douleurs qu’il fit pour retirer sa chemise.

Tout cela conforta Samuel sur l’idée qu’il se faisait du Dragon : il le trouvait complètement fêlé !

« Je comprends mieux pourquoi c’est moi qui porte les sacs. » dit-il. « Mais pourquoi accepter toutes ces souffrances. Tu aurais pu juste… »

« Je ne voulais pas risquer de compliquer ma situation plus que nécessaire… J’ai été choisi par ma famille pour être Gardien car de tous mes frères et sœurs, je suis le seul… Le seul sans feu, ce qui est assez honteux à mon âge… Les miens espèrent que devenir gardien me permettra de gagner mon feu…»

« Ok. Je suis parti en voyage sans retour avec un suicidaire ! Pauvre de moi ! » Soupira théâtralement Samuel

« Je ne vous comprends pas…. »

Il venait de déployer deux ailes de plumes blanches magnifiques dans un dernier cri de douleur contenu.

Il s’écroula à quatre pattes sur le sol en sueur.
Samuel l’aida à trouver une position plus confortable tout en maugréant.
Il tentât d’expliquer à l’autre ce qu’il pensait.

« Avoue quand même que pour s’infliger de telles souffrances, il faut être maboule, non ? Moi, si j’avais autant d’inconvénients avec ma véritable apparence, je ne me laisserais pas manipuler par les autres… Si quelque chose les gênes, ben ils n’ont qu’à aller voir ailleurs ! Ecoute, cela m’étonnerais que tes ailes soit faites pour être repliées, ne ? En plus tu as un statut particulier qui te donne un ascendant sur les autres : Tu es apprenti Gardien, donc libre de te rendre partout et avec une certaine autorité… Alors sert-en bon sang ! »

« Mais ce serait profiter de ma position, c’est mal ! » Rétorqua l’apprenti s’écartant de Samuel pour retrouver son équilibre.

« Non, c’est un juste retour des choses, pour service rendu…. »

« Mais dans votre ville, je n’ai rendu aucun service … » S’étonna le Dragon

« En fait si…Tu leur as retiré une sacrée épine du pied et je me demande comment tu vas faire pour te débrouiller avec cette épine… Sans vouloir me faire de fleurs, je crois que tu vas vraiment avoir besoin de mon aide pour gagner le fort en un seul morceau. » Expliqua Samuel en lui tendant sa chemise.

L’adolescent le remercia d’un hochement de tête, mais ne l’enfila pas.
Il se mit à fouiller dans un des sacs, tout en demandant de quoi voulait lui parler Samuel.

« Quelle épine ? »

« Moi…..Autant te prévenir tout de suite, à Bajang, les prêtres ne vont pas apprécier mon entrée…Cela m’étonnerais que tu réalises ce que je suis… Un œil noir… Un maudit… Et un Loup. » Dit Samuel attendant la réaction du Dragon

« Je ne connais pas… » Avoua celui-ci penaud en relevant sa tête du sac avec une tunique de cuir à la main.

Jamais Samuel n’avait vu un vêtement taillé de cette manière.

Quand le dragon commença à l’enfiler, le loup ne put retenir un rictus moqueur s’imaginant que le jeune homme se trompait de sens pour mettre l’habit.
Il avait recouvert son torse avec le tissu et passé son cou dans le col que formait le haut du vêtement.

Puis il avait saisit les deux pans de tissus pour les croiser dans son dos au niveau de sa taille. Il avait ramené devant lui les deux morceaux moins larges qui finissait chaque partie latérale du vêtement pour les attacher sur le devant.
Samuel en voyant le résultat comprit que l’habit permettait d’avoir le dos nu et permettait aux ailes du Dragon d’être libres.

« J’avais cru remarquer ! Je ne suis pas vraiment éveillé, en tant qu’œil noir… Comme toi, je change d’apparence, mais on ne me considère pas comme une bénédiction… Alors crois-en mon expérience, les autres te font assez souvent souffrir pour éviter de le faire soi-même, ne ? » Expliqua le loup en observant son compagnon s’habiller.

« C’est une des raisons pour lesquelles le Directeur vous a encouragé à me suivre ? »

« Oui, il sait sûrement que Bajang ne nous apprécie pas mais comme ça il se débarrasse de moi… Les œils noirs ne sont pas vraiment une race… Plutôt des gens qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment… Marqués par le destin et la magie. »

« La magie ? »

« Ma mère et mon père appartenaient à l’Ordre…L’un étant sûrement l’écuyer de l’autre mais les gens en ville n’ont jamais su me dire qui…Juste avant ma naissance, à la fin de la guerre, ils sont venus ici pour régler un problème avec des incursions de créatures du Chaos… Pour sauver cette ville de trouillards ils ont utilisé toutes leurs ressources… Ma mère m’a mis au monde puis elle est morte. Tout comme mon père quelques heure après. Mais les légions ennemies étaient renvoyées d’où elles venaient… Pour les remercier on leur à construit un mausolée, tu as peut être vu la fontaine au centre ville ? » Développa Samuel alors que l’apprenti haussait les épaules n’ayant pas remarqué la fontaine lors de son passage éclair au-dessus de la cité.

Samuel soupira puis il reprit son récit.

« Quand ils ont comprit que j’étais maudit, ils ont prévenu les membres de ma « famille », qui n’ont pas daigné se déplacer ! Ils ne m’ont reconnu des leurs alors j’ai grandit dans la charité et la pitié des autres mais… Mais ils ne pouvaient faire de moi un esclave… Alors ils m’ont laissé vivre comme je voulais, tout en me surveillant et en veillant à ce que je ne me fasse ni trop remarquer ni ne fasse trop de bêtises….Ma liberté, c’est le seul héritage que m’ont laissés mes parents et je compte bien la garder… Alors t’as intérêt à revoir ton attitude avec moi… Si tu veux vraiment que je t’accompagne quelque part, tu ne dois rien me cacher, ok ? » Demanda Samuel tout en se rasseyant sur les sacs marquant ainsi sa détermination à ne pas bouger tant que le Dragon ne lui aurait pas expliqué tout ce qu’il voulait savoir.

« Je suis désolé que vous ayez interprété mon comportement de façon aussi grossière. Je n’ai jamais eu l’intention de vous rabaisser ou de vous priver de vos droits… Il me semblait acquis pour nous deux que le mieux pour nous était de partir ensemble… .Sincèrement… »

« Sincèrement ? T’es plus atteint que je ne le croyais ! D’abord c’est quoi un écuyer exactement ? Personne ne m’a jamais expliqué.» Questionna Samuel

« Quelqu’un avec qui l’apprenti à un lien et qui fait ce que le Gardien ne peut pas faire… C’est ce lien qui vous a fait remarquer ma présence en ville…Un lien qui ne s’éteindra qu’à notre mort. »

« Oups ! Ben, cela risque d’être court comme vie si tu as un comportement aussi naïf… Je ne crois pas être celui qu’il te faut… Tu as dû sentir la magie qui émane de…. »

« Non, je n’ai aucun doute ! »Assura l’apprenti Gardien.

« Têtu, en plus de ça ! Ecoute tête de lard, les gens comme moi ne sont pas acceptés par les prêtres de l’Ordre… Jamais ils ne laisseront un apprenti prendre un Loup œil noir pour écuyer, … Et encore moins un Dragon ! »

« Pourquoi ? Moi, je suis sûr de ce que j’ai ressentis… Il y a quelque chose… » Insista L’apprenti en déployant ses ailes pour les dégourdir.

« Je vais te montrer ce que tu as ressenti… Même si cela va contre mon principe de base…. »

« Evitez de vous faire du mal ! »

« Je vois que t’as bien suivi la conversation. »

« Mais vous avez dit que votre changement d’apparence ne vous faisait pas souffrir, non ? » S’étonna le Dragon.

« Le premier oui ! C’est ensuite que cela se corse……Allez ouvre grand tes yeux, tu ne reverras pas ça de si tôt ! » Dit-il en se levant.

Samuel se concentra fermant les yeux puis il n’ouvrit que celui de couleur noire qui libéra une lumière aveuglante. Le Dragon recula d’un pas.
Il savait à quoi correspondait cette lumière.
Il possédait la même capacité.
En fait toutes les races changeant de forme possédait ce sortilège qui faisait disparaître les vêtements et les faisait réapparaître quand la transformation s’inversait.
Il était ancré au plus profond des êtres magiques.
Par le passé avant que l’homme ne soit apparu sur la terre les légendes certifiaient qu’aucune race ne disposait de ce sort. Mais dès lors que les êtres humains avaient évolué, ils avaient passé un accord avec les ancêtres pour que personne ne soit choqué par leur nudité.
Les ans passants, les races magiques avaient toutes intégrées ce sort.

Seuls quelques fanatiques prônaient le retour aux origines.
Une fois que l’éclair aveuglant se fut dissipé, il vit la silhouette du garçon se tordre comme si les os de son squelette se liquéfiaient. Certains donnaient l’impression de s’allonger alors que d’autres se courbaient pour former le squelette d’un canidé.
Puis ce fut au tour des muscles de se déformer pour s’adapter à la nouvelle forme de l’ossature du garçon.
La transformation avait commencé par la colonne vertébrale avant de gagner les membres de l’adolescent.

En dernier le visage s’allongea et son front s’aplati alors que des poils commençait à apparaître sur tout le corps de Samuel. Ses oreilles s’allongèrent ainsi que ses crocs.
Pour fini la queue touffue jaillit alors que le loup s’ébrouait comme pour finir de s’installer dans sa nouvelle apparence.
L’apprenti n’avait plus un garçon devant lui mais un immense Loup à la fourrure plus sombre que la nuit, au regard vairon, tout comme Samuel.
Il perçut un grognement quand l’animal bondit en l’air, faisant un saut sur lui-même libérant une lame fouet.
Il tenait dans sa gueule l’arme qui scintillait, et qui dégageait une puissance phénoménale.
Le Dragon comprit d’après ce qu’avait raconté Samuel qu’il avait devant lui la lame de Gardien d’un des parents du gamin.
Le loup déposa l’épée, devant lui et reprit peu à peu forme humaine, au prix d’une grande souffrance et d’épuisement pour le garçon.

« Voilà ce que tu as senti, la lame fouet »Souffla péniblement Samuel assis par terre.

« Vous avez l’air mal en point. »

« Si tu la veux vraiment elle est à toi… Mais tu dois te dépêcher… Je ne pourrais pas rester humain très longtemps sans elle… Et je sais que je ne maîtriserais pas l’instinct du Loup, tu dois…»

« Ce n’est pas l’épée que je souhaite ! Je ne nie pas qu’un jour, elle viendra sûrement à ma ceinture, mais pour le moment, j’ai besoin d’un écuyer… Et il se trouve que c’est toi… Alors remets la à sa place ! »

« T’es vraiment idiot… Plus d’un apprenti, j’en suis sûr ne cracherait pas sur une telle lame….Pour dire toute la vérité » Dit Samuel un peu en colère de l’entêtement du garçon.

Il toussa ne pouvant continuer à parler. Du sang s’écoula de sa bouche et il se mit à genoux se crispant sous la douleur.

Le Dragon voulut faire un pas vers lui mais il l’arrêta d’un geste.

« En vérité, j’ai menti quand j’ai dit que personne de ma famille n’était venu…Personne ne savait ce que mon père avait fait de la lame fouet. Ils sont venus nombreux pour la retrouver. Ils ont tous fait choux blancs… Même les membres de l’Ordre… Aucun d’entre eux n’aurait imaginé que mon père m’aurait maudit de lui-même pour sceller la lame. » Raconta le jeune garçon en serrant les poings de rage.

Le dragon allait faire un pas vers lui pour l’aider quand Samuel détourna la tête et reprit la parole.

« De plus comme j’étais un Loup et que cela commençait à aller de travers entre les Meutes et l’Ordre, aucun membre de ma famille n’a voulu se charger de moi, à ce que m’ont raconté les responsables de la ville. Les loups me disant humain et les humains m’estimant loup…Quel héritage, n’est ce pas ?... Si, je te donne l’épée, je suis condamné à errer comme un démon Loup sur cette terre. Mais peut-être que c’est mon destin ou mon seul choix pour être libre vraiment » Dit Samuel exténué par cette longue tirade mais soulagé d’avoir dit une partie de ce qui le rongeait depuis tant d’années.

« Vous dites que je suis idiot, mais vous ne valez pas mieux ! Votre philosophie de la vie ne tient pas la route. Personne ne peut vivre seul et se dire libre. Je crois que vous préférez fuir ! »

« Pardon ?! » Samuel releva la tête, surprit par la réaction du Dragon.

« Oui, fuir devant une vie qui vous oblige à agir et non à vous laisser porter par les évènements comme vous avez fait pour le moment… Franchement, qu’avez-vous fait pour améliorer votre quotidien ? Qu’avez-vous fait pour dire à cette famille que vous existiez ?...Qu’avez-vous fait pour… »

« Holà ! Ça suffit ! On dirait un discourt de vieux !...Un sermon sur la conduite à tenir pour réussir sa vie. »L’arrêta Samuel avec un demi-sourire

« Non, sur comment vivre la tête haute sans honte ni regret. Je ne la prendrais pas, pas maintenant en tout cas… Je sais que je ne suis pas prêt… Alors reprenez-la et gardez-la encore pour moi, voulez-vous ? »

Samuel sourit. Son corps brilla fortement obligeant le Dragon à fermer les yeux.
Quand il les rouvrit tout était redevenu normal, mais Samuel paraissait très fatigué.
Il se laissa tomber sur les sacs en riant.

« Ok, voyons comment tu te débrouilles avant de te confier la lame la plus puissante du monde... »

« Vous n’exagérez pas un peu là ? » demanda l’apprenti avec un sourire lui aussi.

« Non… On repart ? »

« Je ne crois pas que cela soit raisonnable…Vous êtes épuisé et moi je ne vaux guère mieux. Nous avons ceci en commun : Nos transformations nous fatiguent plus que nous ne le laissons voir » Fit le Dragon en s’asseyant près de Samuel.

« Je te croyais pressé ? »

« Plus autant maintenant et grâce à vous… Comme j’ai sorti mes ailes, demain je pourrais me changer en Dragon forme animale, ce qui nous facilitera le travail… Heu à ce propos, il y a une toute petite chose que j’ai omis de préciser. »

Il baissa la tête rougissant légèrement. Samuel le regarda étonné, puis il sourit amusé.
Il avait une petite idée sur ce que voulait lui avoué l’apprenti.

« Je m’en doutais un peu… Et je peux savoir quoi ? »

« C’est assez difficile à dire… A avouer à un inconnu, même si nous sommes censés avoir un lien… Surtout après ce que vous avez dit de si sérieux… Je crains de me ridiculiser » Balbutia le Seigneur dont la gêne ne cessait d’augmenter sans s’apercevoir de l’amusement de son écuyer.

« Arrête de tourner autour du pot et dit ce que tu as à dire… Je ne vais pas te manger » L’encouragea Samuel.

« Vous avez raison… En plus de n’avoir pas de feu, j’ai une autre spécificité qui fait de moi un Dragon… Hum… Anormal ou bizarre … »

« Et c’est….. »

« Ben heu… je suis… » Hésita l’apprenti.

« Allez crache le… Tu es… Tu es une fille ! »Finit par dire Samuel à la place de l’apprenti, lassé de ses hésitations.

« Hey ! Une future mère, c’est comme cela qu’on nomme les jeunes filles chez nous… Mais comment tu sais ça ?! » Rectifia le Dragon

« Mon œil… Mon œil noir, il me permet de lire l’énergie magique… De pister les gens selon leur rayonnement… A l’école, j’ai beaucoup lu et sur de nombreux domaines différents… Dont les dragons et leur rayonnement si particulier qui est le vrai fondement de la société des Dragons… A moins que je me trompe, ne ? »

« Non, t’as mis dans le mille…. Je suis né avec cette particularité rare qui me fait changer de sexe sous ma forme animale. D’après les anciens du clan, ce serait dû à la magie que je maîtrise… Cela ne t’ennuies pas ? » Demanda Le Dragon en baissant les yeux, gêné.

« Non…Vraiment pour moi, c’est toi qui devrais être le ou la plus ennuyé de nous deux… Enfin c’est mon avis personnel… Si tu veux que je te suive, je le ferais… Une question la dernière. »

« Oui ? » Dit L’apprenti inquiet.

« Comment tu t’appelles et heu… Je dois dire il ou elle ? »

L’apprenti leva le poing frappant légèrement Samuel sur le haut du crâne.

« Joue pas au plus fin avec moi… Mon nom est Leriel… Quant au reste fait comme tu le sens, pour moi cela n’a aucune importance… J’ai l’habitude. »

« Ok… Va pour il sous cette forme et le reste on verra plus tard… Moi je mangerais bien ! »

« Moi aussi… J’ai normalement prévu assez de provisions ainsi que de quoi dormir confortablement pour vous. »Disait Leriel avant que le loup ne l’interrompe.

« Dis, cela m’allait bien quand tu m’as tutoyé tout à l’heure… Tu ne pourrais pas continuer, ne ?
Et puis pour le confort du camp, moi j’ai pas besoin de grand-chose : une couverture et une bâche pour se protéger des intempéries. Mais il est vrai que pour la bouffe là ; il en faut pas mal surtout après une transformation… Mais toi aussi, n’est ce pas ? »

« Tout à fait ! Il est vrai que faire ressortir les ailes m’affame mais pas de trop »Acquiesça le Dragon.

« Ben, moi je crève la dalle… Alors je vais faire la cuisine, car je ne suis pas sûr que la tienne soit mangeable vu comme t’es maigre… »

« Tu fais bien car la cuisine n’est pas mon fort ! Je ne vois aucun inconvénient à te laisser faire. Moi je vais récupérer du bois et préparer le feu… »

Ils se séparèrent remplissant chacun leur taches. Puis ils s’installèrent pour la nuit qui fut calme et reposante pour les deux jeunes gens.


***********************
A suivre…

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