Bonus 3: Peurs
La version edité de Cerbère ne contient pas ce chapitre qui n'est qu'une ébauche, tout comme les suivant, d'une autre aventure de Shallan. Si un jour elle doit abouir elle sera cerainement remaniée
Franchement c'est pas avec l'entrain qu'il a ce matin que Guillem va déplacé des montagnes!
L'idée de retourner au lycée, le stresse terriblement.
Il se traîne du lit à la salle de bain ou il se lave et s'habille avec des gestes las .
De là il gagne la cuisine où il s'affale sur une chaise après avoir pris une tasse de café et son pilulier.
Il soupire pour la vingtième fois depuis qu'il a ouvert les yeux.
Je sais, j'ai compté!
Il ouvre sa réserve de cachet et avale d'un coup les médicaments avec une rasade de café noir.
Même si c'est contraignant pour lui le voir avaler sans rechigner ses cachets me rassure.
C'est la preuve pour moi qu'il est bien décidé à vivre.
Mais le voir faire me soulèverait presque l'estomac...
Il avale le tout en une fois avec le liquide noir et amer.
Presque parce que je n'ai plus d'estomac, faut pas oublier!
Il finit tranquillement sa tasse les yeux dans le vague.
Ses pensées sont toutes tournées vers le lycée.
Comment les autres vont l'accueillir?
Par Carole-Anne, il sait que les ragots sont nombreux à son sujet.
Il sait aussi que le fait qu'il porte mon coeur, n'est ignoré de personne.
Pourquoi?
Tout simplement à cause de son père!
Ca me met en rage de voir ce dont est capable cet homme pour faire souffrir son fils!
Toujours d'après la jeune fille, Monsieur Einseldern est venu au lycée pour des démarches administratives et à mots couverts il a dévoilé certains faits en laissant le soin à la rumeur de se répandre.Il a agit avec une telle bassesse que si je l'avais là en face de moi, je...!
enfin, bref...
Il a dépeint Guillem comme ingrat qui maintenant qu'il n'est plus malade veut couper les ponts avec sa famille qui s'est privé pour lui pour assouvir ses caprices.
C'est lui qui a dit que ma mort avait été une aubaine pour son fils.
Il a dit aussi que le coeur vienne d'un de ses camarades n'avait fait ni chaud ni froid à Guillem.
Mensonges!
Honteux mensonges!
Je sais, moi!
Je sais qu'il n'en voulait pas de ce coeur!
Je sais qu'il n'en voulait pas de cette nouvelle vie!
Mais je sais aussi qu'il a accepter de changer!
Et il va lui faire regretter toutes ses médisances!
Son père ne l'emportera pas au paradis!
Je suis très remonté et comme lors de mon premier retour, mon hôte même s'il n'en a pas vraiment conscience doit le sentir.
Il soupire et se lève de table pour déposer sa tasse dans l'évier.
Dans le bac, il y a la vaisselle de la veille: une assiette et des couverts et même l'emballage d'un plat à emporter.
Chose étrange pour moi ses pensées font une remarques ironique à propos de Diane, la femme de Michel.
«Elle n'apprécierait certainement pas que je ne suives pas ses conseils mais je n'ai pas le coeur à faire la vaisselle! »
A nouveau des souvenirs traversent son esprit et je comprend mieux.
Son père lui a supprimé la femme de ménage qui s'occupait de l'appartement.
Donc Guillem est obligé de l'entretenir tout seul!
A son âge, je pense qu'il est assez grand pour le faire, l'embêtant c'est qu'il n'avait pas la moindre idée du travail que cela représentait!
En deux jours l'appartement était devenu une véritable porcherie!
C'est là qu'étais intervenu Diane !
Sans demander l' avis de son maris ni même celui de Guillem , elle avait débarqué avec ses deux mômes pour enseigner, au jeune homme les douces joies du ménage!
Sans compter l'arrivée imprèvue de Michel tout penaud et étonné de trouver sa femme avec son pupille en plein nettoyage de fond de la cuisine!
J'aurais aimé assister à la scène en vrai. Le souvenir qu'en garde Guillem est teinté d'un sentiment de joie enfantine qu'il n'avait pas éprouvé depuis une eternité.
Mon tuteur n'est pas réputé pour son intérêt pour les taches ménagères. Il a eut de la chance de tomber sur la perle rare qui tolère à notre époque qu'un homme ne mette pas la main à la pâte.
Enfin quand on a vue faire Michel une fois, on soutient évidemment cette décision, prise à l'unanimité par le couple!
Rien qu'en lisant les souvenirs de mon hôte j'ai une envie irrépressible de rire!
Alors en vrai la séance devait être impayable!
Guillem jette un oeil à la pendule: 8h 30.
Il semble un peu plus nerveux , pliant et dépliant ses doigts à intervalle régulier.
Il se dirige vers le salon où il prend son sac de classe .
Il y glisse un livre de math et attrape son blouson qui repose sur une chaise.
Il sort de l'appartement, hésite une seconde entre l'ascenseur et l'escalier.
Il opte finalement pour un peu d'exercice et se met à dévaler les marches.
Il va lui falloir 20 minutes à pied pour gagner le Lycée.
Alors qu'il ouvre la porte de l'immeuble, il se heurte à Carole-Anne.
« Excuse...Cara? Que fais-tu là? » demande-t-il avec un sourire devant l'air étonné de sa cousine de le rencontrer à la porte.
Elle devait s'attendre à le voir se morfondre au fond de son lit!
C'est vrai que l'idée lui a traversé l'esprit, mais il sait bien rendu compte que cela ne le mènerait à rien de se lamenter en tournant en rond.
Je l'ai encouragé et soutenu comme je le pouvais.
Comme la mort me l'a appris en utilisant la plume qui représente son esprit et la pierre qui symbolise son corps.
Mais je crois que ma colère contre son père en écho à la sienne a suffit à lui donner de l'élan!
«Salut Guillem! Je me disais que tu devais stresser alors je suis venue pour t'aider à décompresser avant que tu ne te retrouves dans la fosse aux lions... »
« Drôle de façon de me remonter le moral! »soupire Guillem alors qu'il se remettent en marcher en direction de l'école.
« T'inquiète...Il ne reste que quelques semaines avant le début des épreuves du bac. Personne ne devrait te chercher trop d'ennuis, ils sont tous plongé dans leur révisions... »
« C'est aujourd'hui que le directeur rend sa décision à savoir s'il nous laisse passer les épreuves ou non? »
Ah j'avais oublié ce point de détail!
Maxence, un de mes amis, avait refusé qu'avec les derniers évènements on accorde à mes camarades de classe leur diplôme sans qu'ils aient à passer l'examen.
« Oui, il doit venir nous en informer en cours ce matin. » acquiesça Carole-Anne. « On m' a demandé ce que tu en pensais... »
« Et alors? »
« Comme nous en avions discuté un peu tous les deux, je leur ais assuré que tu te rangeais à l'avis de Max » révéla Le jeune fille mais en écoutant un énième soupire de la part de son cousin, elle commença à craindre d'avoir fait une erreur.
Ayant accès aux pensées de Guillem, je sais que si elle a fait une erreur ce n'est pas dans l'interprétation des paroles de mon hôte.
Il est tout à fait d'accord pour passer les épreuves du bac!
Il veut voir les efforts qu'il a fait pendant ses trois ans aboutir sans qu'on lui offre par pitié un diplôme qui perdrait ainsi de sa valeur.
Il mérite tout comme les autres de passer son bac!
De plus il veut le faire pour moi!
Pour être fidèle à la promesse qu'il m'a fait sur le toit de l'hôpital : faire ce que je ne pourrais plus!
En vivant sa vie et en accomplissant ses rêves, il vivra pour moi!
J'aurais voulu le remercier pour ce cadeau, mais l'encourager à penser de cette manière s'était jouer avec le feu.
Kate et la mort m'ont expliqué qu'en faisant sentir un peu trop ma présence, Guillem pouvait en devenir dépendant et incapable de vivre normalement.
Ce n'est pas ce que je veux...
Mais cela ne m'empêche pas d'être fier de lui!
« C'est quoi le problème? » Questionne la blonde en lui saisissant la main pour qu'il la regarde droit dans les yeux.
Le problème je peux le lire au fond de son coeur.
Il se demande comment convaincre les autres que tout ce qu'il va faire, vient de lui!
Comment leur faire comprendre qu'il n'a pas changé parce qu'il porte mon coeur?
Que si son comportement à changer c'est parce que lui l'a voulut...
« Ils vont croire que cela vient de Shallan... » Murmura-t-il en baissant la tête, n'osant pas la regarder.
Elle ressert la prise de sa main sur celle de Guillem, l'obligeant à relever la tête pour que leur regard se croise. Elle le fixe de ses yeux verts essayant de lire ce qui inquiétait son cousin dans le reflet que lui envoyait ses prunelles si semblables aux siennes.
« Ils vont penser que Shallan d'une manière ou d'une autre m'a influencé... » Avoue Guillem sans fuir le regard de la jeune fille qui soupire à son tour.
Je comprend son dilemme.
C'est aussi mon inquiétude.
Ne pas être trop présent et ne pas l'empêcher de vivre comme il l'entend.
Mais en même temps, je ne veux pas qu'il me rejette complètement!
Je ne veux pas qu'il nie ma participation à sa prise de conscience.
Je suis blessée qu'il puisse pensé que je puisse l'influencer contre son gré.
J'ai envie de disparaître...
« Crétin! » S'exclame Carole-Anne en éclatant de rire. « Comment veux-tu qu'Allan puisse t'influencer? »
Contrairement à Guillem, elle est incapable de m'appeler par mon vrai prénom.
J'ignore pourquoi. Et pour le moment j'en ai rien à faire, je suis outré par sa réaction!
Elle doit savoir que cet aveu, Guillem l'a fait presque à contre coeur, alors pourquoi réagit-elle avec autant de légèreté?
Sa réaction a d'ailleurs fait du mal à Guillem, je le sens.
Je voudrais intervenir.
Le rassurer.
Mais je sais...
Enfin non je comprends que je n'en ai pas le droit.
C'est dans ce genre d'épreuve que je dois le laisser décidé seul de la route qu'il va emprunter.
Je dois me contenter de le soutenir.
Lui accorder mon soutien et ma confiance, c'est déjà plus que son père n'a jamais fait pour lui!
Et comme c'est la seule chose que je peux faire, je ne vais pas me priver pour lui assurer qu'il vit sa vie comme il le choisit.
Et pas comme un pantin dont je tiendrais les fils dans l'ombre.
Je suis avec toi pour te prêter ma force.
Pour t'aider dans ta vie, te soutenir et t'apporter la confiance dont tu as besoin pour croire en toi, mais certainement pas pour prendre les décisions à ta place.
Je répète ses mots plusieurs fois.
Je veux arriver à convaincre Guillem.
Je veux qu'une nouvelle fois, il m'entende et me fasse confiance.
Il ferme les yeux et lève la tête vers le ciel.
Je sens qu'il s'apaise un peu.
J'ai l'impression que mon message passe.
« Ceux qui tiendraient de tel propos, ne serait que des idiots! Des idiots qui ne te connaîtraient pas et qui ne connaîtraient pas Allan! » continue Carole-Anne avec une mine renfrognée.
Guillem ouvre les yeux et sourit en plongeant ses yeux vert dans le regard de sa cousine.
Je suis un peu étonné par cette phrase, mais vue qu'elle rassure Guillem, je ne vais pas faire le difficile.
« Tu as raison! » Lance-t-il avant de se remettre à marcher. « Mais je risque d'en étonner plus d'un avec ma nouvelle façon de voir les choses. L'image que je donnais de moi au lycée n'était pas celle d'un individu qui prend en compte les sentiments des autres. J'étais plutôt indifférent à tout... Même si le fait que j'ai décidé de changer a été influencé par Shallan, les décisions que je prends, ne dépendent que de moi....Il ne s'abaisserait pas à une telle bassesse! »
J'ai beau être mort, les compliments me font toujours rougir.
Surtout un compliment venant de mon hôte qui il n'y a pas si longtemps ne pouvait parler de moi sans colère.
« Et même s'il essayait, je ne crois pas que tu te laisserais faire. » sourit Carole-Anne provoquant chez tous les deux un éclat de rire franc qui trouve un écho dans mon âme.
Elle a parfaitement raison!
Si je me livrais à ce genre de débordement, Guillem ne me laisserait pas faire!
Je me sens un peu bête de m'être autant inquiété.
Nous savons tous les deux ce que nous avons à faire!
J'ai confiance en Guillem mais apprendre qu'il me fait confiance lui aussi cela me réconforte.
«Tu as raison! » lui assure Guillem en accélérant le pas en voyant le portail du lycée.
Ils furent accueillis dans la cours par des regards curieux et inquisiteurs.
Tous les élèves présents se retournaient pour les observer et murmurer quelques chose à la personne la plus proche d'eux.
Malgré ses résolutions, je sens le stress gagner en puissance chez Guillem.
Il soupire, serrant les poings et s'en baisser le regard il s'avança au milieu des autres, accompagné de Carole-Anne qui lance son regard le plus noir et le plus méprisant à tous les curieux qui les fixaient sans la moindre gêne.
Et moi en les voyant je me dis que ma mission n'est vraiment pas finit.
Elle ne le sera que lorsque Guillem aura réussit à se faire accepter pour ce qu'il est vraiment...